Le Personal MBA

Préface de Olivier Roland Les créateurs d’entreprise sont nombreux en France, jugez plutôt : en 2008, 331 736 entreprises ont été créées1. Un chiffre en augmentation, car en 2000, seulement un peu plus de 200 000 entreprises avaient vu le jour. Et ce n’est pas tout : en 2009, ce sont 580 193 entrepreneurs qui se sont lancés dans l’aventure, une augmentation très importante induite par l’instauration du statut de l’autoentrepreneur, qui a représenté – et représente toujours au moment où j’écris ces lignes, en 2013 – plus de la moitié des créations d’entreprises. Formidable n’est-ce pas ? Dans un pays où l’on dénonce souvent le manque d’esprit entrepreneurial, qui vit depuis plus d’une décennie un « exode des entrepreneurs » vers l’étranger de plus en plus important2, voilà de quoi nous rassurer, et redorer un peu le blason de la France qui souffre d’un déficit d’image grandissant dans l’esprit des entrepreneurs et investisseurs étrangers3. Pourtant, si nous examinons les chiffres plus en détail, un problème saute aux yeux : en 2012, l’Insee a fait le constat que seul un quart des autoentrepreneurs avait réussi à dégager un revenu continu, et que, en moyenne, seulement 10 % d’entre eux ont gagné plus que le Smic. Aïe ! D’autant plus que l’Insee renchérit et indique que le revenu moyen d’un autoentrepreneur est de 4 300 euros… sur une année. À quoi sont dues ces faibles performances ? À la facilité de la création de l’autoentreprise, au fait qu’aucune charge n’est due s’il n’y a pas de revenus, encourageant la création même si aucun projet solide n’existe derrière ? Au fait que ce statut est également largement utilisé pour une activité d’appoint, sans aucune intention d’en faire une entreprise à part entière ? Cela compte sans doute pour beaucoup. Mais ce ne sont pas les seuls facteurs. Ainsi, dans le même rapport, l’Insee indique, à titre de comparaison, que le revenu moyen des autres créateurs d’entreprise est de 14 100 euros… par an également, soit un chiffre légèrement supérieur au Smic. Les statistiques de l’Insee pour 2012 montrent d’ailleurs que deux tiers des entreprises existantes en France n’ont absolument aucun salarié à part le créateur, un chiffre qui reste stable d’une année à l’autre. 14 100 euros de revenu annuel, deux tiers des entreprises qui n’ont aucun salarié… À la vue de ces chiffres, nous pouvons nous demander s’il n’y a pas un problème bien plus large que l’entrepreneuriat envisagé simplement comme activité secondaire… Je pense que le problème principal est, malheureusement et contrairement à une croyance répandue, qu’il ne suffit pas de créer une entreprise pour devenir un entrepreneur. Michael Gerber, dans son livre The E-myth, qui s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires aux États-Unis, mais est malheureusement quasiment inconnu chez nous, décrit très bien ce qu’il appelle le « mythe de l’entrepreneur », que l’on peut résumer ainsi : la plupart des créateurs partent de leurs compétences techniques – et/ou de leurs passions – pour créer une entreprise. En soi ce n’est pas un problème, sauf que dans la très grande majorité des cas cela conduit tout droit à un problème énorme que les créateurs ne voient pas. Souvent, ils créent ainsi une entreprise pour accomplir seuls le métier qu’ils font depuis des années en tant que salariés. Ils s’imaginent que cela va leur permettre d’accéder à davantage de liberté et d’indépendance, à ne plus avoir à travailler pour quelqu’un d’autre. C’est certainement vrai, mais c’est juste une partie de l’équation. En fait beaucoup d’entre eux finissent pas se créer une prison dont ils ne peuvent s’échapper, travaillant d’arrache-pied pour un salaire de misère. Et cela évidemment uniquement si leur entreprise fonctionne suffisamment bien. Ils n’ont certes plus de patron pour leur dire quoi faire, mais ils sont soumis à deux autres dictatures : celle des clients et celle de leur entreprise. En fait, alors que beaucoup s’imaginaient que leur entreprise allait être au service de leur vie, c’est leur vie qui est au service de leur entreprise. Elle devient un bébé monstrueux, exigeant de plus en plus d’heures et d’énergie, imposant à leur créateur un déséquilibre incroyablement intense entre vie personnelle et vie professionnelle. Provoquant parfois des conflits familiaux, des ruptures, un parent absent pour ses enfants… J’en parle en connaissance de cause, car c’est exactement ce que j’ai vécu (mis à part les enfants). J’ai créé ma première entreprise à 19 ans en partant de ma passion pour l’informatique, afin de m’échapper du système et devenir libre, et en un sens j’ai réussi, mais pour me rendre compte que j’étais devenu prisonnier d’un autre système, celui-là même que j’avais construit : mon entreprise. Je travaillais 60 à 70 heures par semaine pour un salaire horaire équivalant à celui d’une femme de ménage : une pauvre rémunération si l’on prend en compte le risque associé à la création d’entreprise et le fait qu’un gérant d’entreprise n’a pas droit aux indemnités de chômage en France. J’avais un déséquilibre très fort entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle, et si cela n’a pas été un problème lors des deux premières années pendant lesquelles j’étais « tout feu tout flamme », cela s’est ensuite vite révélé pesant. J’ai erré pendant des années à chercher une solution, mais comment aurais-je pu la trouver, alors que je ne comprenais même pas le problème ? J’ai fini par trouver la cause de ce problème : être bon techniquement dans un domaine ne fait pas automatiquement de nous de bons entrepreneurs. Gérer et développer une entreprise requiert de nombreuses compétences, comme la capacité de trouver des prospects par la publicité, le relationnel, etc., de les convaincre d’acheter notre produit ou notre service, de fidéliser nos clients, la gestion financière, le recrutement, le management, la gestion de systèmes, etc. Le problème est que la plupart des créateurs d’entreprises sont très insuffisamment formés à tous ces aspects (sans compter les employés et autres cadres qui veulent grimper les échelons). Ils se contentent donc de faire leur métier de base, sans se rendre compte qu’être chef d’entreprise est également un métier à part entière. À ce problème d’éducation s’ajoute le fait que le créateur d’une très petite entreprise est bien davantage un homme-orchestre – à la fois au four et au moulin, tout en jouant de multiples instruments – qu’un chef d’orchestre qui s’assure que tous les musiciens jouent en parfaite harmonie comme peuvent l’être les dirigeants d’entreprises plus grandes et plus structurées. Et c’est comme s’il était un homme-orchestre qui maîtrise bien peu tous les instruments dont il joue… S’il y a bien quelque chose à retenir, c’est cela : créer une entreprise ne fait pas automatiquement de nous de bons dirigeants. Pour le devenir, la première étape est de se former pour dépasser notre « simple » compétence technique et acquérir les compétences de base de gestion d’une entreprise. Pour cela, nul besoin de dépenser des fortunes et de passer des années sur les bancs d’écoles prestigieuses : vous avez besoin d’un savoir pratique, facilement compréhensible et immédiatement applicable dans votre entreprise, plutôt que de théories ayant peu d’application dans le monde des TPE. Cela fait treize ans que je suis entrepreneur, et ma principale source pour me former sur tous ces concepts-clés du business – et bien d’autres de ma vie personnelle –, c’est les livres. Mais pas n’importe quels livres. Des excellents livres. C’est sur cette idée que lire quelques dizaines des meilleurs livres de business au monde remplace avantageusement un MBA – un diplôme prestigieux demandant un à deux ans de votre vie et pouvant coûter jusqu’à 100 000 dollars –, émise à l’origine par le célèbre auteur américain Seth Godin, que Josh Kaufman a créé le Personal MBA. Ce qui était au début une liste de quelques dizaines de livres est, au moment où j’écris ces lignes, une liste de 99 livres dans 24 catégories, aussi variées que la création d’entreprise, la création de valeur, le marketing, la vente, la productivité personnelle, la comptabilité, etc. Quand j’ai découvert le Personal MBA, je me suis lancé le défi fou d’en lire un livre par semaine pendant 52 semaines, d’en publier le résumé sur mon blog « Des Livres Pour Changer de Vie » et d’appliquer ce que j’apprenais dans ma première entreprise, cela a changé ma vie. Ma première entreprise a réalisé un maximum de 230 000 euros de chiffre d’affaires lors de sa meilleure année, avec deux salariés, et alors que je travaillais entre 60 et 70 heures par semaine. Quatre ans après avoir découvert le Personal MBA, ma deuxième entreprise réalisait environ 460 000 euros de chiffre d’affaires lors de sa première année, sans aucun employé et surtout en me laissant un temps libre incroyable. En prime, cela m’a permis et me permet encore de voyager partout dans le monde. Comment est-ce possible ? Cette deuxième entreprise peut être entièrement gérée sur Internet, depuis un ordinateur portable : quelque chose que je n’aurais jamais pu créer si je n’avais pas découvert tous ces concepts avec le Personal MBA… et travaillé dur pour les mettre en pratique. Le Personal MBA est une excellente ressource et même un apport extraordinaire pour tout entrepreneur, cadre et employé, mais évidemment, lire 99 livres ne se fait pas en un jour, sans compter qu’environ deux tiers d’entre eux n’ont pas été traduits en français… C’est pour cela que quand Josh Kaufman a déclaré travailler sur un livre qui résumerait en quelques centaines de pages l’essentiel de ce que doit savoir un dirigeant ou un cadre d’entreprise pour réussir j’ai crié « Génial ! », tout seul devant mon ordinateur, attendant impatiemment la sortie du livre. J’ai eu la chance de rencontrer Josh aux États-Unis un peu avant la sortie de son livre et il m’a offert un exemplaire de prépublication, que je me suis empressé de dévorer, anxieux à l’idée de savoir si le livre allait être à la hauteur de mes attentes.

Personal MBA :
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Knowledge means Power for YOU.
KhD Business

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